Conservatoire d'espaces naturels de Corse

patrimoine naturel et culturel de la Corse

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N°218 - Evaluation de l’importance des populations de Discoglosses sur la zone d’emprise du barrage du Rizzanese en vue de leur conservation Inventaire des populations à l’amont du barrage : bassins versants des ruisseaux du Codi et du St-Antoine/Asinau

Auteur : FLEURIAU R. et BOSC V. - Publié en 2009 - Editeur : AAPNRC

38 pages

Le genre Discoglosse est représenté en Corse par deux espèces protégées nationalement et internationalement, le Discoglosse corse (Discoglossus montalentii) endémique de l’île de Corse et le Discoglosse sarde (Discoglossus sardus) qui a une répartition thyrrhénienne. Bien qu’il existe une importante similitude écologique entre ces deux espèces, elles peuvent coexister en sympatrie et en syntopie stricte sans qu’il y ait de brassage génétique. Cependant, il semblerait que le D. sardus affectionne davantage les basses altitudes (répartition de 0 à 1300 m d’altitude) contrairement au D. montalentii plus montagnard (répartition de 40 à 2000m). L’étude présentée ici s’inscrit dans le cadre de la construction du barrage hydroélectrique du Rizzanese. Le maître d’ouvrage du projet (EDF) a mandaté l’Association des Amis du Parc Naturel Régional de Corse/Conservatoire des Espaces Naturels de Corse (AAPNRC/CEN-Corse) pour réaliser une expertise herpétologique concernant ces deux amphibiens.

Ce document présente un inventaire effectué sur la base d’un protocole simple de présence/absence des pontes de Discoglosses (pontes et têtards), dû à la difficulté de détection des adultes. Ce procédé a permis de dresser un état des lieux sur l’importance de la présence des populations des deux espèces. Il a été réalisé sur le bassin versant de la future retenue le long des deux affluents du Rizzanese, le Codi et le Saint Antoine. Au total, 164 pontes différentes ont été dénombrées le long du Saint-Antoine, nous y avons inventorié 287 poches d’eau parmi lesquels 142 étaient occupés (taux d’occupation de 49,5%). Sur le cours du Codi, 75 pontes au total ont été recensées, 63 des 162 poches d’eau inventoriées accueillaient des pontes de discoglosses (taux d’occupation de 39%). Sur le Saint-Antoine comme sur le Codi, les deux espèces de Discoglosses sont présentes, dans des proportions quasiment identiques. Le D. montalentii est majoritaire sur les deux sites, notons pourtant la proportion non négligeable d’individus indéterminés susceptibles de modifier la part réciproque de chaque taxon.

Les plus fortes densités de D. sardus sont réparties dans la moitié aval de chacun des deux affluents, où on le rencontre plus continuellement le long du linéaire. Concernant la typologie des sites de pontes, on observe globalement une préférence pour les sites bien exposés à l’ensoleillement sur un substrat de type dalle et déconnectés du fleuve dans la mesure de leur disponibilité.

(document consultable à l'association)