Conservatoire d'espaces naturels de Corse

patrimoine naturel et culturel de la Corse

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N°243 - Programme de gestion d’une tortue exotique Trachemys scripta elegans en région Corse « Tentative d’éradication et de sensibilisation du public aux problématiques liées aux espèces exotiques » Deuxième année du programme: « Test de la méthode de piégeage élaborée sur le site de l’embouchure du Rizzanese (Propriano, Corse du sud) »

Auteur : PEINADO J., BOSC V., DESTANDAU R., FLEURIAU R. - Publié en 2010 - Editeur : AAPNRC

Mots clés : tse, rizzanese, floride, tortue de floride, Trachemys scripta elegans, espèces exotiques

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Trachemys scripta elegans dite trachémyde à tempes rouges appartient au groupe des tortues de floride. Ces tortues américaines, largement commercialisées vers l’Europe au cours des années 80 et 90, ont pour un certain nombre été rejetées dans nos milieux naturels par des particuliers déçus par la taille et le manque d’affection de leur animal. C’est pourquoi aujourd’hui, alors que l’importation est formellement interdite au sein de l’union européenne, des individus sont présents dans presque tous les départements français, et des cas de reproduction sont avérés en milieu naturel. La Corse n’a pas échappé à ce constat.

De 2002 à 2008, l’Association des Amis du Parc Naturel Régional de Corse/ Conservatoire des espaces naturels de Corse (AAPNRC/CEN Corse) a réalisé un suivi de la population de Cistudes d’Europe au niveau du site N2000 « à Anchusa crispa de l’embouchure du Rizzanese et des plages d’Olmeto » (n°Psic FR9400594). Au cours de ce suivi, la présence de Trachémydes a été constatée, notamment celle d’immatures. Durant les 6 années de l’étude, ce sont ainsi 12 individus qui ont pu être capturés et extraits du milieu.

Cependant, les captures se sont toujours avérées hasardeuses et peu efficaces. C’est pourquoi l’association a décidé de mettre en place une étude qui permettrait d’élaborer une technique efficace de piégeage, et in fine une méthode de gestion pour la sous-espèce.
Cette étude a pu être réalisée au cours des années 2009 et 2010, sur le même site de l’embouchure du Rizzanese. Le projet a été coordonné pendant toute sa durée par un comité scientifique. Trois objectifs ont été préalablement déterminés : l’étude de la population de Trachémydes sur le site ; la mise au point d’une méthode de piégeage ; le test de cette méthode.

Le présent rapport présente les résultats de l’année 2010. Au cours de cette deuxième année d’étude, la méthode de piégeage a été testée sur une partie restreinte et isolée du site, l’ancien méandre. Sur cette zone, nous avons dans un premier temps réalisé quatre sessions de Capture/Marquage/Recapture, afin d’estimer la taille de l’échantillon de Trachémydes. Cette valeur devait nous permettre de mesurer le taux d’efficacité du piégeage. Dans un deuxième temps, nous avons réalisé un test d’éradication. Ce test devait permettre de vérifier la possibilité d’extraire la totalité de l’échantillon et d’évaluer l’effort de capture nécessaire à cette éradication.
Ainsi, 38 nasses souples (le piège le plus efficace déterminé en 2009) ont permis d’extraire 37 individus en 69 jours (dont 64 % de reproducteurs), soit 80% de l’effectif présent dans l’ancien méandre.

L’éradication envisagée n’a pas été possible, mais ces résultats ont permis d’élaborer une méthode de piégeage efficace dans le cas de cette espèce. En effet, considérant l’espèce comme longévive, avec un taux de mortalité important pour les juvéniles et un temps de renouvellement des générations assez long, nous considérons que l’extraction d’un grand nombre d’adultes permet de diminuer les capacités de dispersion des populations et ainsi de les fragiliser. Ce résultat encourageant nous permet aujourd’hui d’envisager une méthode de limitation des populations de Trachémydes à long terme, sur l’embouchure du Rizzanese
d’abord, à l’échelle des zones humides de l’île ensuite.