Conservatoire d'espaces naturels de Corse

patrimoine naturel et culturel de la Corse

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N°364 - Suivi de la mortalité des oiseaux et des chauves-souris : parc éolien d’Ersa et de Roglianu

Auteur : LEPORI L. - Publié en 2013 - Editeur : CEN Corse

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Le Conservatoire d’espaces naturels de Corse (CEN Corse) a été mandaté par la société TENESA (société technique et énergie nouvelles pour l’environnement), représentée par EDF Energies Nouvelles pour faire une étude sur le suivi de la mortalité des oiseaux et des chauves-souris des parcs éoliens d’Ersa et de Roglianu situés à la pointe du Cap Corse. La réglementation ICPE (Installations Classés pour la Protection de l’Environnement) s’appliquant désormais, depuis le 1er janvier 2012, aux propriétaires de parcs éoliens, un suivi mortalité doit être réalisé par les sociétés concernées. La méthode de recherche reste à l’appréciation de l’exploitant bien que basée sur des protocoles déjà existants et réalisés sur d’autres parcs éoliens. Nous avons réalisé 42 journées de prospections. La fréquence de visite a été fixée à un passage par semaine entre la mi-février et la fin octobre, 4 passages supplémentaires ont été effectués entre la mi-avril et la mi-mai et un passage supplémentaire en octobre. Ces prospections complémentaires sont liées à la migration des oiseaux (prénuptial et postnuptial). Bien que notre étude se soit consacrée essentiellement à la recherche de victimes des éoliennes, des comportements d’oiseaux proches des structures ont pu être observés lors des prospections. La zone à prospecter sous chaque éolienne est un carré de 1ha centré sur le mat comme le prévoit les différents protocoles. A l’intérieur de cette zone des transects (parcours linéaires) sont réalisés à intervalle régulier de 10 mètres. Cette étude révèle les difficultés de recherche sur le terrain par rapport à la végétation et aux reliefs. En effet seules 56% de la surface totale ont pu être prospectés. Dans ces conditions, il est probable qu’une partie des victimes des éoliennes ne soient pas trouvées. De plus le test de prédation montre que les cadavres présents sous les éoliennes disparaissent très vite. Ce test réalisé avec des cadavres de volailles et de souris, déposés au sol pour simuler une mortalité, a abouti à la disparition de quasiment toutes les carcasses en 24 heures (taux de prédation de 97,3%). Des milans et des corbeaux étaient présents après la dépose. Seul un oiseau a été trouvé à côté de l’éolienne E1, il présentait une entaille de la tête vers le dos faisant fortement penser à un impact avec une éolienne. Le secteur de la découverte est proche du col de Campo qui est un col relativement bien emprunté par les oiseaux migrateurs (Faggio & Jolin, 2003). Nous pensons que les éoliennes proches de ce col présentent probablement un risque plus important de collision pour les oiseaux et les chauves-souris. Pour améliorer la détection d’animaux morts il est quelques fois conseillé d’ouvrir le milieu autour des éoliennes. Or, des études montrent que ces zones deviennent très attractives pour les rapaces, et les risques de collision augmentent en conséquence.