Conservation et restauration
Nos actions sur la migration des oiseaux concerne le camp de Baguage - Barcaggio et et le camp de suivi - Dunes de Prunete /Cervioni
Camp de Baguage - Barcaggio / pointe du Cap Corse
La station d’étude de la migration printanière des oiseaux à Barcaggio est active depuis 1979. Sous l’autorité du CRBPO (Centre de Recherche sur la Biologie des Populations d’Oiseaux), du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris, les bénévoles du Conservatoire d’Espaces Naturels de Corse, participent à l’organisation et au fonctionnement du camp. Celui-ci a également pu avoir lieu grâce à la présence, tous les ans, de bagueurs et aides-bagueurs, tous bénévoles, venant entre-autre du continent européen.
Depuis 1991, le camp est associé au programme international de recherche sur la migration printanière des oiseaux en Méditerranée Occidentale «Piccole Isole». Ce programme, initié en 1988, par l’Instituto Nazionale per la Fauna Selvatica (INFS) de Bologne (Italie) s’organise autour de plusieurs stations insulaires et côtières (38 stations différentes depuis 1988). Ces stations sont situées en Italie, en Espagne, à l’Ile de Malte, au Maroc, en Tunisie, en Algérie et en France. Il est à noter que Barcaggio a été longtemps la seule station française participant à ce programme, rejointe en 2004 par Porquerolles.
Le camp de baguage n’est plus assuré par le CEN Corse depuis 2017.
Pourquoi baguer les oiseaux ?
- Observation
- Comptage
- Baguage
- Pose d’émetteur ou de balise Argos
Les observations et les comptages présentent une limite notable : l’oiseau n’est pas individualisé et ne peut être suivi de façon individuelle. La pose d’émetteur ou de balise Argos permet de recueillir des informations très précises, mais elle est limitée dans le temps et n’est possible que pour des espèces de taille honorable, de plus elle est assez onéreuse. Le baguage des oiseaux est une bonne solution intermédiaire pour suivre un oiseau quasiment toute sa vie.
La bague est un anneau fermé autour de la patte de l’oiseau (comme un bracelet). Il y est inscrit des informations sur le pays émetteur de la bague (en général le pays où est bagué l’oiseau) : pour les bagues françaises : Mus. Paris ; pour les bagues britanniques : Brit. Mus. London, et un numéro unique (avec parfois des lettres). De nombreuses études ont montré que ni la survie, ni le succès de reproduction n’étaient affectés par le port de bagues. Les bagues sont très légères, par exemple pour une hirondelle qui pèse 20 g, la bague pèse 31 mg (0,15% du poids de l’oiseau) ou pour un merle qui pèse 90 g, la bague pèse 187 mg (0,21% du poids de l’oiseau).
Le baguage est un outil pour connaître la biologie, les voies de migration, les lieux d’hivernage, d’évaluer les paramètres démographiques des populations d’oiseaux.
Seules les personnes habilitées par le CRBPO peuvent capturer et baguer les oiseaux en France.
Que faire lorsque l’on trouve un oiseau bagué ?
La découverte d’un oiseau bagué est capitale pour l’activité du CRBPO. Il est impératif de noter des informations et de les transmettre au CRBPO, 55 rue Buffon, 75005 Paris.
Il faut noter :
- date de la découverte
- lieu (commune et département)
- espèce si possible
- condition de la découverte (par exemple : trouvé au bord de la route, tué par mon chat, …)
- état de l’oiseau : mort récente, blessé, …
- vos coordonnées
Si l’oiseau est mort, il faut envoyer la bague aplatie avec les informations ci-dessus au CRBPO.
Si l’oiseau est vivant et pouvant retrouver la liberté : noter toutes les informations sur la bague et envoyer toutes ces informations au CRBPO. Il faut relâcher l’oiseau avec sa bague.
Si l’oiseau est blessé et qu’il doit subir des soins : noter les informations inscrites sur la bagues et envoyer le tout au CRBPO. Prendre contact avec le Centre de Sauvegarde de la Faune Sauvage le plus proche (site internet de l’Union Française des Centres de Sauvegarde de la Faune Sauvage : www.chez.com/uncs ), car c’est le seul organisme habilité à soigner les animaux sauvages blessés. Pour la Corse, le centre de soins de Corte (Parc Naturel Régional de Corse, Route de la Restonica, 20250 CORTE, Tél. : 04.95.46.08.31) prend en charge les Rapaces, sinon contactez le Groupe Ornithologique de Corse (04.95.32.71.63).
Le site de Barcaggio
La pointe du Cap Corse, avec la vallée de l’Acqua Tignese, forme un goulot pour les oiseaux migrateurs. La présence d’une mosaïque de biotopes attire bon nombre d’espèces d’oiseaux leur offrant une halte migratoire exceptionnelle alliant tranquillité et nourriture.
Ce sont 235 espèces différentes d’oiseaux qui ont été répertoriées à Barcaggio (espèces nicheuses, migratrices, sédentaires).
En effet, pour migrer et parcourir des centaines, voire des milliers, de kilomètres, un oiseau a besoin de carburant. Il fait des réserves de graisse avant de partir, mais bien souvent il est préférable de faire des pauses pour les reconstituer partiellement, pour se reposer et faire un brin de toilette. Les oiseaux s’arrêtent bien souvent un peu avant de traverser une grande étendue d’eau. Ils repartent avec de bonnes conditions météorologiques et physiologiques, car en mer, il n’est pas question de se poser lorsque l’on n’a pas de palmes, ni un plumage adéquat !
Depuis 1999, les bagueurs et les aides-bagueurs sont logés dans la « maison des oiseaux », ruine réhabilitée par l’AAPNRC (avec bail emphytéotique). Ce petit logement est bien pratique pour la reconstitution des réserves énergétiques de l’équipe qui est sur le terrain de 5h30 à 22h, et pour passer les quelques heures de sommeil autorisées !
Le financement du camp est assuré par l’AAPNRC, en particulier grâce à la mise à disposition de salariés. Ce financement s’intègre dans le cadre de conventions pluriannuelles conclues entre l’association, l’Office de l’Environnement de la Corse et la DIREN Corse. Dans les années précédentes, le camp a pu également bénéficier d’un financement PIC INTERREG II A Corse-Toscane, ainsi que d’un mécénat de la Fondation Nature et Découvertes. Les travaux d’aménagement de la maison ont aussi été pris en compte grâce à des financements du Conseil Général de Haute Corse, de la collectivité Territoriale de Corse, du Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable et de l’Europe (INTERREG).
Les oiseaux sont capturés à l’aide de filets verticaux. Ils sont démêlés délicatement et avec dextérité, mis dans de petits sacs en tissus, ramenés au camp de baguage. Les relèves des filets sont effectuées toutes les 30-45 minutes, et plus souvent si les conditions météorologiques sont néfastes (soleil trop chaud, vent, petite pluie). Les oiseaux sont identifiés, bagués, mesurés, pesés et … relâchés. Toutes ces opérations ne mettent en péril la vie des oiseaux si elles sont faites par des personnes formées. Notre but est que les oiseaux continuent leur migration!
Synthèse de baguage depuis 1979
Les périodes de fonctionnement du camp entre 1979 et 1990 sont fluctuantes. En 1985, le camp n’a pu être organisé. Depuis 1991, du fait de la coopération avec le programme Piccole Isole, le camp se déroule du 16 avril au 15 mai en continu. La régularité dans le fonctionnement du camp depuis 1991 permet le cumul de données comparables d’une année à l’autre. De 1979 à 2004, cela représente 604 jours de capture d’oiseaux et 48651 oiseaux bagués appartenant à 127 espèces.
Période | Nombre de jours de baguage | Moyenne par an (écart-type) | Nombre d’oiseaux bagués | Moyenne par an (écart-type) |
| 1979-1990 | 186 | 16 (± 10,8) | 9155 | 763 (± 698,8) |
| 1991-2004 | 418 | 30 (± 0,5) | 39496 | 2821 (± 647,4) |
| 1979-2004 | 604 | 23 (± 10) | 48651 | 1871 (± 1236) |
Entre 1992 et 2004, 5101 heures de capture ont été assurées par les équipes, soit en moyenne 13h par jour (± 4,2 h), et les filets n’ont pu être ouverts une vingtaine de jours à cause de mauvaises conditions météorologiques. Durant la même période, à chaque session, il y avait en moyenne 237 mètres linéaires de filets installés (± 80 m).
Pourquoi migrer ?
L’hiver avec son cortège de froid, pluie, neige est une saison difficile pour les oiseaux insectivores car la nourriture vient à manquer. Certaines espèces s’adaptent à ces conditions : augmentation de la densité du plumage, changement du régime alimentaire (des insectivores deviennent végétariens ou opportunistes, comme les mésanges). Mais les ressources alimentaires ne suffisent pas pour tout le monde. Beaucoup d’oiseaux quittent leur zone de nidification vers des contrées où les insectes, et les fruits abondent. La migration reflète ce mouvement des populations. Sous nos latitudes, la migration de printemps, ou la migration pré-nuptiale, est un mouvement du sud vers le nord ; et la migration d’automne, ou migration post-nuptiale, amène les oiseaux du nord vers le sud.
Avant de partir, les oiseaux font des réserves de graisses, leur carburant. Certains peuvent doubler leur poids !
Bien souvent, ils font des haltes pour se reposer, se nourrir ou attendre de meilleures conditions météorologiques.
Certaines espèces migrent en famille, comme la Grue cendrée ; les jeunes apprennent ainsi la route des sites d’hivernage. D’autres, comme le Martinet noir, migrent sans apprendre cette route avec leurs aînés, et font confiance à leur instinct.
Les oiseaux s’orientent grâce à des repères astronomiques (notre soleil ou les étoiles), au paysage (littoral, montagne) et au champ magnétique terrestre.
Le baguage a permis de connaître les quartiers d’hivernage, les voies migratoires (études complétées maintenant avec des suivis radar), la fidélité au site de naissance, d’hivernage ou au site de halte migratoire. Les oiseaux n’empruntent pas forcément les mêmes voies de migration au printemps et à l’automne, pour différentes raisons :
- Chaque saison a ses vents dominants
- Les emplacements des ressources alimentaires peuvent varier d’une saison à l’autre
- Le trajet est souvent plus direct au printemps (le premier arrivé sur le site de nidification sera le mieux servi !)
D’où viennent et où vont les oiseaux de passage à Barcaggio ?
L’intérêt de baguer les oiseaux réside dans les contrôles (ou les reprises) des oiseaux déjà bagués. Le « contrôle » se fait lorsque l’oiseau porteur d’une bague repart en bonne santé et la « reprise » c’est lorsque l’oiseau porteur d’une bague est retrouvé mort.
A Barcaggio, chaque année, nous contrôlons des oiseaux portant déjà une bague, souvent provenant d’un pays étranger. De même des oiseaux que nous baguons sont contrôlés ailleurs. Le CRBPO centralise les données des bagueurs français, chaque pays a son organisme centralisateur, ils communiquent entre eux pour les oiseaux contrôlés.
L’information pour chaque oiseau redescend ensuite vers les bagueurs ou la personne concernée. Les voies de migration ou les déplacements peuvent donc être établies ; dans certains cas la longévité peut aussi être connue. Nous avons pu établir des cartes pour certaines espèces rencontrées à Barcaggio sur leur provenance et leurs destinations.
Toutes espèces confondues, Barcaggio est une site où transitent des oiseaux provenant de toute l’Europe, de la Lituanie au Royaume Uni, de la Finlande à la Slovénie. Les Rouge-gorges de passage hivernent en Algérie, et nichent en Europe de l’est et du nord est. Les Pouillots fitis proviennent de l’Europe du nord et de l’est. Les Hirondelles rustiques proviennent de toute l’Europe et hivernent jusqu’en Afrique du sud. Nous contrôlons aussi des oiseaux locaux, ce qui nous permet d’avoir une idée sur leur longévité ou l’évolution de leur plumage.
Camp de suivi - Dunes de Prunete /Cervioni
DUNES DE PRUNETE /CERVIONI Haute Corse Un site de prédilection pour la migration des oiseaux
471 000 oiseaux observés sur la saison 2020 avec de superbes surprises ( détail des observations sur le site Migraction) ou Trektellen
75 jours de suivi & plus de 1000 heures d’observation.
La Corse est « une montagne dans la mer ». Or nous savons la réticence qu’on beaucoup d’oiseaux à survoler la mer et aussi à éviter les reliefs (plus gourmands en énergie pour les oiseaux).
La seule vaste zone sans relief en Corse correspond à la plaine orientale ou se concentre les activités agricoles de Corse. Longue d’environ 70 kilomètres entre les communes de Solenzara et Bastia, la montagne (1000m!) vient affleurer la mer et laisse seulement un passage étroit d’à peine 5 kilomètres. C’est donc précisément a cet endroit sur la commune de Prunete que le site d’observation fut choisi. Il offre une vue imprenable sur les montagnes et sur le large. Les oiseaux passant dans ce goulet sont quasiment tous identifiables (avec une longue vue). Les passereaux sont quant à eux uniquement comptabilisés s’ils sont découverts a l’œil nu.
D’après le site internet de l’ INPN, le site classé en zone Natura 2000 est situé au débouché de petites rivières : le prunello, le chebbia et l’alesani. L’embouchure est fermée une partie de l’année. Ainsi, en été, l’eau stagne en arrière du sable de la plage. La plage sableuse s’étend au nord et au sud du site.Comme pour toutes les parties littorales de la corse, la géomorphologie de la côte orientale dépend des variations du niveau de la mer au cours du quaternaire.Cette zone est principalement caractérisée par la présence d’un ensemble dunaire varié et original du point de vue géomorphologique, pour la Corse (zones avec des dunes anciennes de différentes hauteurs jusqu’à 11 mètres et très larges, au moins 100 mètres, milieu rare en Corse).Le site d’observation se situe sur une petite dune qui domine à la fois la mer et la montagne offrant de ce fait un point de vue d’ environ 300°, une centaine de mètres au nord du Prunello.
Historique du suivi et enjeux environnementaux
Des suivis ponctuels ont déjà été effectués sur la pointe du Cap Corse a proximité du camp de baguage ces dernières années. Cependant au vu du potentiel assez extraordinaire qu’offre la situation Corse au printemps aucun suivi plus poussé (suivi protocolé avec une période d’étude assez conséquente) ne fut réalisé. La majorité des efforts concernant l’étude de la migration prénuptiale furent donc réalisés dans la région du Cap. C’est pourquoi le choix d’un nouveau site offrant des paramètres topographiques idéaux, une période de suivi plus longue ainsi que qu’une méthode de consignation des données standardisée, se révèle nécessaire afin de mieux comprendre les phénologies printanières en Corse.
Pour la première année de suivi, une permanence a été mise en place du 28 mars 2014 au 15 mai 2014 avec un suivi du lever au coucher du soleil. Le spotteur étant seul certaines journées, celles présentant un passage très faible ou nul ne furent pas suivis.
Intérêt ornithologique, espèces emblématiques
Le site est particulièrement intéressant pour la migration des hirondelles (5 espèces), des busards des roseaux et des guêpiers d’Europe. Une extraordinaire diversité est présente sur ce site puisque pas moins de 130 espèces furent contactées dès la première saison. Il est à la fois possible d’observer des oiseaux de mer et tout le cortège des oiseaux suivant surtout les voies terrestres. Ainsi il est possible d’observer des puffins yelkouans en mer et d’un coup de jumelle pouvoir se ravir de la vision d’un aigle royal sur les hauteurs à peine distantes de 5 kilomètres !
La majorité des fringilles peuvent être observé y compris le venturon corse, de très nombreuses espèces de rapaces (grands planeurs en faible nombre), de limicoles, de laridés.
Le contexte géographique particulier de l’île la plaçant plus à l’est que Strasbourg permet de pouvoir observer des espèces ayant traditionnellement des voies de passages plus orientales. C’est le cas du busard pâle et du faucon kobez ou encore du pipit à gorge rousse, tous bien représentés sur les Dunes de Prunete avec même des effectifs nationaux record pour certains.
Certains migrateurs peu communs ont également étaient observés comme la glaréole à collier, le crabier chevelu, le traquet oreillard, faucon crécerellette, sterne caspienne, goéland railleur …
Calendrier, déroulement de la migration
Fin mars la migration des busards des roseaux est à son maximum avec un pic début avril. C’est aussi à cette période que l’on aura la chance de pouvoir observer des mâles de busards pâles. Avril est le mois ou l’on profitera comme bien d’autres sites de la diversité des espèces. Les guêpiers d’Europe passe de manière assez spectaculaires aux alentours du début de la dernière décade d’avril et ce jusqu’au 10 mai environ. Certaines journées dépassent les 2000 individus et ils passent vraiment très près au-dessus des observateurs. Les hirondelles sont de loin les oiseaux les plus abondants sur Prunete et leurs passages est quotidien.
Accueil du public
Le camp de migration pré nuptiale sur les dunes de Prunete se réalise de mars à mi mai (dates précises à confirmer selon les années) . Ce camp de migration s’appuie sur l’implication de bénévoles, toute personne avec des bases en ornithologie mais aussi novices avec le désir d’approfondir ses connaissances peut nous contacter au 04 95 32 71 63.
Accès
Depuis Bastia sur la nationale qui descend sur Porto-Vecchio, dépasser Prunete (qui se situe au niveau du rond-point qui monte sur la ville de Cervione) sur environ 1,5 km et prendre la piste à gauche coté mer
Se garer au bout de la piste au niveau d’une barrière verte et rejoindre à pied la plage. Traverser le Prunello et remonter vers le nord (donc à gauche) sur environ 200 mètres .
Hébergement et restauration conseillés
Camping Calamar – ouvert à partir de mars
Tel +334.95.38.03.54 (saison) et +334.95.34.08.44 (hors saison)
Mail : contact@campingcalamar.eu