Les Pies-grièches

Sentinelles du bocage, la pie-grièche écorcheur & le Pie-grièche à tête rousse incarnent la richesse et la fragilité de nos paysages

Période de mise en œuvre : 2014-2018 (1er PNA) & 2025-2034 (2ème PNA)
Structure coordinatrice : DREAL Auvergne-Rhône-Alpes

Pie-grièche écorcheur – Erik Karits

La Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio) est un passereau de taille moyenne (16-18 cm) avec un bec noir, fort et crochu. L’espèce habite une très large gamme de milieux agricole pâturés avec une présence de buissons épineux isolés de haies ou de ronciers.La Pie-grièche écorcheur consomme de gros insectes (Coléoptères, Orthoptères, Lépidoptères, Hyménoptères, Odonates) et des petits vertébrés (campagnols, lézards, amphibiens, etc.). Elle chasse essentiellement à l’affût depuis un perchoir dégagé et capture ses proies au sol.

Le saviez-vous : La Pie-grièche écorcheur est connu pour utiliser des lardoirs (barbelés ou plantes épineuses) pour y empaler ses proies et faire des réserves.

L’espèce demeure sur ses sites de reproduction européens uniquement de début mai à août. Elle hiverne dans l’est et le sud-est de l’Afrique. La population française est estimée à 244 100-752 000 couples.

En Corse, c’est un oiseau typique des milieux bocagers. Elle est présente du littoral à la montagne jusqu’à 1000 m d’altitude.

mais moins abondante à partir de 600 m. La disparition des buissons épineux/ronciers en particulier et du milieu bocager en général reste la principale menace pour cette espèce. Les produits vétérinaires utilisés comme antiparasitaires pour le bétail peuvent avoir un impact important sur les proies de la pie-grièche (notamment les coléoptères). Le maintien du paysage bocager par le pâturage extensif permet de conserver prairies et haies nécessaires à la biologie des pies-grièches.

Son statut de conservation en Europe est considéré comme défavorable. En Corse elle est classée en « quasi menacée » sur la liste rouge des oiseaux nicheurs.

Pie-grièche à tête rousse – Etienne Cornieux

La Pie-grièche à tête rousse (Lanius senator) est un passereau de taille moyenne (17-19 cm) à la silhouette de petit rapace en miniature. Elle est facilement identifiable à son « bonnet » roux. Cette pie-grièche est représentée par la forme nominale sur le continent et par la sous-espèce L. s. badius en Corse.

L’espèce habite une très large gamme de milieux agricole pâturés et milieux semi-ouverts ponctués de buissons et d’arbres, qui fournissent des sites de nidification et une abondance de perchoirs. Elle est strictement insectivore (coléoptères et des orthoptères). Il s’agit d’une espèce migratrice. La population nicheuse française est estimée à 3 190 – 5 455 couples et sa régression se poursuit.

En Corse, elle fréquente des milieux humides (abords de ruisseaux et d’étangs), les prairies, les vergers et parfois les lisières de forêts, ainsi que les bois clairs autour du golfe d’Ajaccio. Elle dépasse rarement les 800 mètres d’altitude.

Elle est considérée comme menacée en Europe en raison d’un fort déclin constaté dans plusieurs pays. En Corse, elle est classée comme espèce menacée en « vulnérable » avec une priorité de conservation majeure. La disparition des buissons épineux/ronciers en particulier et du milieu bocager en général reste la principale menace pour ces deux espèces. De plus, les invertébrés qui constituent leurs régimes alimentaires sont menacés par l’utilisation de pesticides et les produits vétérinaires, notamment les antiparasitaires utilisés sur le bétail

Quelques actions menées par le CEN Corse :

En Corse, l’objectif principal est de maintenir les populations actuelles dans un état de conservation adéquat et, dans un certains nombre de cas, de chercher à permettre le retour de populations viables sur des portions de territoires jadis favorables aux Pies-grièches

  • Conserver les habitats des pies-grièches en lien avec le monde agricole : Identifier chaque année des exploitations agricoles (vignobles, oliveraies, élevage, etc.) qui sur la base du volontariat, acceptent de mettre en place et de développer des pratiques agricoles qui concilient pies-grièches, agronomie, économie, environnement et faune sauvage.
  • Aider au montage des demandes financières pour soutenir les exploitations dans leur projet en faveur de la biodiversité
  • Restaurer des milieux en faveur des pies-grièche : La création de corridors écologiques afin de favoriser les espèces auxiliaires des cultures. Réaliser un diagnostic écologique sur les exploitations agricoles : identification des zones de présence des pies-grièches et des autres espèces (faune et flore)
  • Développer la communication sur les pies-grièche : Création d’un réseau dynamique entre les exploitations permettant les échanges de pratiques, la sensibilisation de tous les publics et l’approvisionnement en végétaux d’intérêt pour le projet


Lien vers le(s) PNA :

Ø Plan National d’Actions en faveur des pies-grièches (Lanius sp.) 2025-2034