Période de mise en œuvre : 4 ans (2024-2027)
Structure coordinatrice : CEN Corse
Objectifs : Apporter des éléments de réponse sur la colonisation de l’espèce en Corse, la structuration génétique des populations et la connectivité génétique et sa modulation par les éléments du paysage.
Méthodes : Inventaires (prélèvements sanitaires), analyses génétiques.
Partenaires techniques : Muséum National d’Histoire Naturelle, Fauna Consult, Société Herpétologique de France, Conservatoire d’espaces naturels Lorraine
Financeurs : DREAL Corse (Fonds vert), La Poule Rousse, Le Fonds Maupertuis

L’année 2024 a marqué le début d’un projet de grande ampleur pour le Crapaud vert en Corse ! Le CEN Corse a initié une étude génétique sur le Crapaud vert (Bufotes viridis balearicus), seul Bufonidae présent en Corse avec pour objectif d’améliorer les connaissances sur l’origine et la structuration génétique des populations insulaires. Sa répartition semble très morcelée : l’espèce occupe surtout les zones littorales (estuaires, dunes, marais) mais aussi quelques secteurs d’altitude, jusqu’à 1200 m. A l’heure actuelle, son origine reste débattue : l’hypothèse principale suggère deux phases de colonisation qui ont conduit à deux peuplements distincts, à savoir une population alticole plus ancienne que la population de plaine. Selon Lanza (1988) et Geniez et Cheylan (2005), les populations corses trouveraient leur origine dans un effet fondateur lié au peuplement de l’île au Néolithique. Cette période correspond à plusieurs milliers d’années avant J.-C., lorsque les humains ont commencé à pratiquer l’agriculture et à domestiquer des animaux.
Le Crapaud vert aurait été introduit par l’homme, probablement par des navigateurs ou des premiers colons qui ont voyagé avec des animaux et des plantes, contribuant involontairement à la dispersion de certaines espèces. Conjointement à cela, des données paléontologiques confirment la présence du Crapaud vert au Pléistocène moyen, entre 400 et 350 000 années avant notre ère. Ce sont des échantillons de sédiments, prélevés dans deux dépôts fossilifères identifiés au sein du gisement de Castiglione, qui attestent de la présence du Crapaud vert à cette période (Peirera et al., 2006).
L’étude de la diversité génétique permettra de mieux comprendre les populations insulaires isolées et fragmentées, et ainsi mieux conserver l’espèce. Les premiers résultats sont attendus pour l’hiver 2025 !
En plus de l’absence de certitude quant à l’origine des populations, nous n’avons aucune donnée sur la diversité et la structuration génétique des populations de l’île. Le développement de ces connaissances est crucial pour la conservation des populations de l’espèce à l’échelle du territoire, surtout en tenant compte de la répartition altitudinale semble-t-il très fragmentée de l’espèce qui laisse supposer la présence de populations isolées et potentiellement menacées.
N. B. : Le CEN Corse dispose de dérogations particulières encadrant la manipulation d’espèces protégées







