Le projet :

Durée du projet : 4 ans (2024-2027)
Objectifs :
Apporter des éléments de réponse sur la colonisation de l’espèce en Corse, la structuration génétique des populations et la connectivité génétique et sa modulation par les éléments du paysage
Méthodes :
Inventaires (prélèvements génétiques) et analyses génétiques.
Partenaires techniques :
Muséum National d’Histoire Naturelle, Fauna Consult, Société Herpétologique de France, Conservatoire d’espaces naturels Lorraine.
Financeurs :
DREAL Corse (Fonds vert), La Poule Rousse, Le Fonds Maupertuis
L’année 2024 marque le début d’un projet de grande ampleur pour le Crapaud vert en Corse !
Le CEN Corse propose l’étude de l’origine et de la structuration génétique des populations corses de l’espèce !
En Corse, le Crapaud vert est, selon la systématique et les connaissances actuelles, considéré comme appartenant à la sous-espèce Bufotes viridis balearicus, le Crapaud vert des Baléares. Seul Bufonidae connu en Corse, sa répartition semble très morcelée : avec une présence principalement littorale (dans les estuaires, les dunes situées en arrière des plages et les abords des marais), et quelques intrusions notées plus à l’intérieur de l’île, dont certaines en altitude (jusqu’à 1200 m). La majorité des données d’altitude proviennent des nombreuses investigations réalisées de 2012 à 2018 par le CEN Corse. Durant cette période, plusieurs stations alticoles ont ainsi été confirmées ou découvertes en Haute-Corse : celle de la région du Boziu et une autre, dans sa continuité, à Corte ; ainsi qu’en Corse-du-Sud, dans l’Alta-Rocca notamment.
A l’heure actuelle, l’origine des populations de l’île reste incertaine. Dans le 1er PNA (2014-2018), l’hypothèse d’une colonisation en deux phases du Crapaud vert conduisant à deux peuplements distincts au sein de l’île a été évoquée :
- La population alticole serait issue d’un peuplement ancien ;
- La population littorale serait issue d’un peuplement beaucoup plus récent.
Selon Lanza (1988) et Geniez et Cheylan (2005), les populations corses trouveraient leur origine dans un effet foncateur lié au peuplement de l’île au Néolithique. Cette période correspond à plusieurs milliers d’années avant J.-C., lorsque les humains ont commencé à pratiquer l’agriculture et à domestiquer des animaux. Le Crapaud vert aurait été introduit par l’homme, probablement par des navigateurs ou des premiers colons qui ont voyagé avec des animaux et des plantes, contribuant involontairement à la dispersion de certaines espèces. Conjointement à cela, des données paléontologiques confirment la présence du Crapaud vert au Pléistocène moyen, entre 400 et 350 000 années avant notre ère. Ce sont des échantillons de sédiments, prélevés dans deux dépôts fossilifères identifiés au sein du gisement de Castiglione, qui attestent de la présence du Crapaud vert à cette période (Peirera et al., 2006).
En plus de l’absence de certitude quant à l’origine des populations, nous n’avons aucune donnée sur la diversité et la structuration génétique des populations de l’île. Le développement de ces connaissances est crucial pour la conservation des populations de l’espèce à l’échelle du territoire, surtout en tenant compte de la répartition altitudinale semble-t-il très fragmentée de l’espèce qui laisse supposer la présence de populations isolées et potentiellement menacées.




