Conservatoire d'espaces naturels de Corse

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N°406 - Suivi des populations de discoglosses sur la zone d’emprise du barrage du Rizzanese en vue de leur conservation Phase 2

Auteur : FLEURIAU R., BOSC V. - Publié en 2015 - Editeur : Cen

Mots clés : Discoglosses

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Dans le cadre de la construction du barrage hydroélectrique sur le Rizzanese, Electricité de France maître d’ouvrage du projet a mandaté le Conservatoire d’Espaces Naturels de Corse pour effectuer un suivi mesurant l’impact de l’ouvrage sur les populations de discoglosses. L’étude concerne deux espèces d’amphibiens anoures protégés en France et représentées en Corse par le discoglosse sarde (Discoglossus sardus) et le discoglosse corse (Discoglossus montalentii). Dans le cadre de la mise en place de ce travail un groupe d’expert a été constitué. Les réflexions menées par ce comité ont conclues objectivement qu’il n’était pas possible de proposer à EDF un protocole viable de suivi et d’évaluation de l’impact du barrage sur les populations adultes (connaissances lacunaires de la démographie, des domaines vitaux et des niches écologiques…). Néanmoins les connaissances acquises aux cours des prospections passées (2008, 2009 & 2010) permettent d’envisager une évaluation de l’impact de l’ouvrage via les sites de reproduction. EDF, en concertation avec la DREAL Corse, a donc validé la mise en place des suivis afin d’évaluer l’effet de la mise en oeuvre du barrage sur les sites de reproduction et leur fréquentation (obligation réglementaire) :
1) suivi de l’utilisation des sites de reproduction témoins (2011, 2015 & 2016);
2) veille sanitaire sur la présence du chytride (champignon mortel pour les amphibiens) en 2015.
Ce document présente un état des lieux de l’utilisation et de la typologie des sites de reproduction par les discoglosses en 2015 sur la base d’un protocole simple de présence/absence des pontes (pontes et têtards) et de différentes mesures de la typologie des sites de reproduction tel qu’ils avaient été menés en 2011 avant la mise en fonction du barrage. Un premier bilan des tendances des résultats acquis entre 2011 et 2015 a également été mené. Un volet du rapport est consacré à la recherche épidémiologique de Batrachochytrium dendrobatidis (chytride) sur les sites d’études, détection effectuée grâce à des prélèvements par frottis sur les amphibiens. De l’amont à l’aval 3 secteurs d’études ont été définis sur le Rizzanese, chacun représente une zone de perturbation inhérente à la mise en place du barrage. 1 secteur témoin a été suivi sur le Fiumicicoli, affluent du Rizzanese qui n’est pas directement concerné par les impacts imputables à l’ouvrage. Les résultats acquis en 2015 montrent une légère baisse du nombre de sites disponibles sur le Rizzanese et le Fiumicicoli (environ 10% sur le Rizzanese). Les typologies rencontrées sont similaires à celles enregistrées en 2011 et les discoglosses fréquentent en priorité des sites de petites surfaces et de faibles profondeurs situés sur le socle constitué par la roche mère, bien ensoleillés et qui se trouvent être déconnectés de la rivière pendant la période de reproduction. Les effectifs des cas de reproduction sont assez stables entre les 2 années d’études malgré la baisse des sites disponibles.
Des larves de discoglosse sarde et de discoglosse corse sont présentes sur l’ensemble des secteurs étudiés lors de la période d’étude, l’espèce corse est majoritaire sur les 3 sites altitudinaux puisque le taxon sarde contrairement à 2011 ne l’est plus sur le Fiumicicoli. L’espèce sarde est par contre la seule à être recensée sur le secteur de plus basse altitude situé sur le Rizzanese (moyenne de 75m). L’étude se poursuivra en 2016, où les résultats seront traités dans leur ensemble.
Enfin les lacunes des connaissances sur les 2 espèces notamment en Corse ne facilitent pas l’évaluation de l’impact que pourrait avoir ce type d’ouvrage spécifiquement sur ces 2 amphibiens sur du long terme. De plus le temps et les compétences allouées à l’étude semblent insuffisants au vue des nombreuses variables existantes, de la dynamique de ce type de cours d’eau et des temps de réponse d’un écosystème à ce type de perturbation.